Kintoki-yama no tsuki
Le garçon à la force légendaire, Kintoki, jouant le rôle d'arbitre dans le match de sumo opposant un singe à un lapin.
N°87 de la suite : Tsuki No hyakushi ( Les cent aspects de la lune )
1890
Oban
nishiki-e
Belle épreuve, infimes salissures dans les bordures extérieures, gaufrage dans le blanc d'un des cartouches et dans le pelage du lapin.
Le père de Kintoki, un ronin dissolu, l'abandonna à sa naissance sur le mont Ashigara, non loin du Fuji. Il fut recueilli et élevé par Yamauba, la femme-esprit qui habitait les montagnes et incarnait, à certains égards, le versant féminin de la sauvagerie première. Elle le baptisa Kintarõ, le «Garçon doré». Il grandit parmi les animaux de la montagne et les tengu, les hommes-oiseaux qui enseignèrent les arts martiaux à Yoshitsune. L'enfant apprit beaucoup à leur contact, et développa rapidement une force prodigieuse.
Un jour que le guerrier Yorimitsu, également appelé Raiko, chassait dans les parages du mont Ashigara, un enfant extraordinairement robuste, la peau couleur de brique, lui apparut soudain. Il déracinait un gros arbre pour en faire un pont qui permettrait aux animaux, ses amis, de traverser la rivière. Stupéfait, Yorimitsu convainquit Yamauba de le laisser emporter l'enfant pour en faire un héros.
Rebaptisé Kintoki, le jeune homme devint l'un des quatre principaux lieutenants de Raiko, prouvant à bien des occasions sa force et sa bravoure. Yoshitoshi le montre aux prises avec monstres et démons dans une multitude d'estampes. L'exemple le plus célèbre est peut-être le diptyque de la série Yoshitoshi manga de 1886, où une femme-arai-gnée superbement dessinée tisse sa toile dorée autour de Kintoki endormi. Les deux caractères du nom de Kintoki signifient «or» et «temps», mais comme pour bien des noms japonais, l'idée d'une traduction littérale est quelque peu vaine. Ce changement de nom doit surtout être interprété comme marquant le passage du garçon à l'homme.
Dans l'ukiyo-e, Kintarõ est habituellement représenté en compagnie des animaux de la montagne. On le voit aussi en lutteur, jetant un ours à terre. Il arbitre ici une parodie de combat au corps-à-corps entre un singe et un lapin, deux animaux qu'on a vus jouer ensemble dans l'évocation de Sun Wukong. La couleur de sa peau renvoie à son nom - Kuniyoshi déjà se plaisait à décliner les nuances de rouge pour flatter la rondeur de son corps. Vêtu en garçonnet, il arbore les bourrelets de chair qui, dans l'esprit des Japonais et des Chinois, dénotent un enfant en bonne santé.
Le visage rayonnant de bonheur, Kintarõ regarde ses amis jouer. Un rameau de plaqueminier est posé entre lui et les animaux: ses kakis font peut-être allusion aux fruits que le singe a dérobés aux immortels, ou bien aux pouvoirs extraordinaires de Kintaro. Le pigment des fruits s'est oxydé en prenant une intéressante texture de surface.
Les veines du bois donnent corps au rocher, et le pelage du lapin est magnifiquement gaufré.
In : CENT ASPECTS DE LA LUNE, John STEVENSON, 2018, Editions Citadelles et MAZENOD
La suite des « Cent aspects de la lune », inspirée de récits historiques ou légendaires de la Chine et du Japon, est la plus célèbre série de Yoshitoshi commencée en 1885 et terminée juste avant sa mort en 1892. A l'époque déjà, chaque nouvelle estampe publiée était un événement, les tirages s’épuisant bien souvent dès le matin de leur parution.
LA LUNE DE LA MONTAGNE DE KINTOKI
- Auteur : YOSHITOSHI TSUKIOKA (1839 - 1892)
- Technique : Xylographie
- Largeur : 224.00
- Hauteur : 330.00
- Largeur Feuille : 250.00
- Hauteur Feuille : 373.00
- Disponibilité : En Stock
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1 200,00 €

